Les Journées scientifiques, du 25 au 27 octobre 2005
Les Journées scientifiques régionales du réseau « Erosion et GCES » de l’AUF se sont tenues pour la première fois à Antananarivo, Madagascar du 25 au 27 octobre 2005.
Les publics concernés par la manifestation scientifique étaient très variés. Ce furent : - les chercheurs, enseignants chercheurs et étudiants en érosion et GCES de Madagascar, des pays du sud ouest de l’océan Indien, d’Afrique de l’Est et du Sud
- les Institutions et Centres de recherche oeuvrant sur l’érosion et la conservation de l’environnement
- les Organismes et Institutions oeuvrant dans la défense et restauration de la fertilité des sols, dans la lutte antiérosive et dans la gestion conservatoire des eaux et des sols.
Les conclusions sont de plusieurs types :
Dans le domaine de la coopération, ces journées ont permis de :
- faire un état des lieux de la recherche en matière d’érosion et d’identifier les chercheurs en érosion et GCES à Madagascar et dans les pays du sud ouest de l’Océan Indien, en Afrique du Sud et de l’Est.
- de connaître et faire connaître les travaux des chercheurs en érosion pour développer des échanges entre chercheurs et acteurs de développement et environnement. Renforcer ainsi la synergie d’actions entre les chercheurs et toutes les parties prenantes.
- de discuter des problèmes rencontrés non seulement avec les chercheurs locaux, mais aussi avec les gestionnaires des terres, paysans, techniciens et financiers, grace à la sortie de terrain.
Dans le domaine de la recherche et du développement, ces journées ont permis de :
1) Conclusions des rapporteurs de chaque thème
Chaque rapporteur a retenu pour son thème les idées fortes suivantes :
Thèmes 1 : Synthèses
- un volume important de données a été produit sur l’érosion, notamment hydrique. L’exploitation de ces connaissances reste encore trop restreinte eu égard aux enjeux pour protéger les sociétes contre l’érosion,
- le succès de la lutte antiérosive est très lié à la participation des paysans,
- les financements pour contrer l’érosion sont lents à mettre en œuvre, il est très important de les évaluer et de les pérenniser.
Thème 2. Processus d’érosion
Ce thème s’est focalisé sur l’étude des lavakas. Bien qu’anciennes, les recherches sur les lavakas proposent encore différents scénarios. Les spécialistes de la question ne sont pas d’accord sinon pour dire qu’il existe des lavakas anciens et d’autres d’évolution récente. Une synthèse sur le sujet serait nécessaire eu égard au volume de données accumulées sur le sujet jusqu’à présent.
Thèmes 3. Méthodes : indicateurs, SIG et cartographie
- parmi les méthodes modernes d’analyse du milieu naturel et des activités humaines et donc de l’érosion, les SIG et la télédétection offrent des possibilités nouvelles très intéressantes pour préciser l’évolution des processus ;
- d’autres méthodes sont en cours de développement pour compléter les méthodes classiques, basées sur l’utilisation d’indicateurs, de marqueurs isotopiques, d’appareils de mesures tel l’érodimètre à aiguilles.
Thème 4. Techniques de GCES
- l’intérêt de mesurer l’érosion pour bien comprendre ses causes et ainsi en déduire des méthodes et alternatives de lutte efficaces. En ce sens, les recherches sur parcelles expérimentales, bien qu’anciennes, restent un outil performant,
- depuis plus d’un demi siècle, les chercheurs et développeurs ont mis au point des alternatives pertinentes et efficaces. On a tendance à faire table rase des expériences passées alors que celles-ci sont très enrichissantes. Dans ce contexte, les savoir-faire tiennent une place essentielle.
Thème 5. Diagnostic du risque et prise en compte des contraintes paysannes
- Outre les savoir-faire paysans, sur l’indispensable implication de ceux-ci. Au travers des différents exemples géographiques présentés (Madagascar, Afrique et Amérique du Sud), la participation des paysans aux différentes étapes du programme est une composante essentielle pour le succès des programmes de lutte antiérosive,
- globalement, la composante socio-économique, est un facteur déterminant tant pour comprendre la dynamique des processus que pour accompagner plus en aval la lutte contre l’érosion.
2) Intervention de E. Roose, Président du réseau EGCES de l’AUF
E.Roose a construit sa conclusion autour des points suivants :
- richesse et succès de ce séminaire qui a réuni 81 participants provenant de 14 nationalités et de divers horizons (chercheurs, professeurs, ONG et développeurs),
- concept de GCES : traduction du « Land Husbandry » de nos partenaires anglo-saxons, la GCES a fait progressivement son chemin et s’impose aujourd’hui comme la stratégie la mieux adaptée, en répondant aux besoins des paysans et en réconciliant gestionnaires des terres et techniciens. Ses objectifs majeurs sont : augmenter la productivité des terres, améliorer la biodiversité et favoriser l’évolution du niveau de vie des paysans,
- poursuivre les recherches sur l’érosion et les étendre à d’autres types de processus moins connues que l’érosion hydrique telles l’érosion due au travail du sol, l’érosion en masse et par le vent,
- valoriser davantage la restauration de sols et inciter les chercheurs et ingénieurs à plus s’y intéresser. Mieux comprendre comment les paysans font pour restaurer leurs terres,
- rappel des conditions de publication des actes de ce séminaire. Une version préliminaire des actes a été diffusée aux participants, la version définitive est prévue pour la fin d’année (date limite pour la remise des derniers documents au 15 novembre). Les textes sont compris entre 4 et 6 pages (bibliographie et illustrations comprises). Les versions longues seront regroupées sur un CD, quant aux meilleurs textes ils pourront être édités dans les revues de l’AUF, Sécheresse et/ou Agricultures,
- rappel de la prochaine réunion internationale de l’ISCO au Maroc, à Marakech, du 14 au 19 mai 2006. Une session spéciale sera dédiée au réseau EGCES de l’AUF sur les stratégies traditionnelles,
- enfin il remercie les principaux co-organisateurs de cet événement : S. Ratsilavaka, professeur à l’Université de Tana qu’il invite à constituer un réseau Erosion local, G. Serpantié chercheur de l’IRD en poste à Tana et G. De Noni, secrétaire du réseau EGCES de l’AUF.
3) Remarques des participants présents dans la salle
Les principales remarques ont concerné les thèmes suivants :
- importance de la spatialisation et des méthodes informatiques pour la connaissance des processus,
- accroître l’implication des sciences sociales dans les recherches sur l’érosion : mieux préciser les coûts de l’érosion, de la lutte antiérosive et mieux prendre en compte l’acceptabilité des populations,
- mieux préciser la notion de risque qui est le résultat entre aléa et vulnérabilité,
- tirer une synthèse de toutes les études faites à Madagascar sur l’érosion, notamment essayer de conclure sur la genèse des lavakas.
4) Intervention de K. Boulkroune
Responsable du programme « Environnement » de l’AUF, K. Boulkroune présente les objectifs et différents programmes de l’AUF. Il centre son discours notamment sur l’opération concernant les réseaux qui a permis la réalisation de ces journées à Madagascar, première réunion régionale du Réseau « EGCES ».
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